UNE ENFANCE ET UNE ADOLESCENCE COSMOPOLITES
   
En route pour l'école de Bern (Suisse)
Adolescente, sur la plage près de Casablanca, avec mon amie Mireille
Photo de droite : première communion protestante à 14 ans à Casablanca
Suisse, Maroc, France : j'ai eu la chance d'approcher différentes cultures, ce qui permet de relativiser. J'en ai gardé une ouverture, une attitude de tolérance et une culture cosmopolite.
 
DES ETUDES ECLECTIQUES A LA SORBONNE
 Après un flirt d'un an avec la médecine, une licence de Lettres Modernes et un DES (Diplôme d'Etudes Supérieures) me mettent sur le chemin de l'Agrégation de Grammaire... et bien plus tard, après un DEA (Diplôme d'Etudes Approfondies 1996), au
Doctorat de Sociologie, acquis le 7 avril 2001 dans un climat de polémique surréaliste. Polémique totalement injustifiée puisque j'ai un cursus universitaire tout à fait réglementaire, mais apparemment l'astrologue médiatique dérange : aurait-on peur du côté des " scientiflics " intolérants, que celle-ci parvienne à son but, sortir l'astrologie de son ghetto culturel ?
 
DETOUR PAR LA MODE ET LE CINEMA
Mannequin-vedette chez Coco Chanel
Photos de mode à Paris, Munich, Londres, Berlin
(Agence Catherine Harlé) (photos)
Ma période cinéma : une vingtaine de rôles (dont
trois principaux) au cinéma et dans des séries télé, dont "Une princesse iranienne" de Marcel Carné, "L'incorrigible" avec Jean-Paul Belmondo de Ph. de Broca, "Château en enfer" avec Burt Lancaster, de S. Pollack (photos), "Chronique d'une passion" de R. Verhavert (photos)
 
UNE VOCATION REVEILLEE PAR F.FELLINI
 C'est ce grand Capricorne du cinéma italien qui m'encourage à étudier l'Astrologie, qu'il appelle la "reine des sciences". En 2009, et dans le cadre de Fellinicittà (exposition en hommage au Maestrio au Musée du Jeu de Paume dès le 20 octobre 2009), les éditions La Transparence, qui ont eu vent de mes rencontres avec ce grand réalisateur, me demandent de partager mes souvenirs liés à cette belle rencontre et à la consultation astrologique que j’offrai en 1975 à cet insigne Capricorne, dans un bel ouvrage intitulé
« Fellinicittà »
Le pape (avec A. Barbault) de l'astrologie à l'époque, H.J.Gouchon accepte - exceptionnellement ! - de me donner des leçons après s'être penché sur mon thème.
 
UNE PASSION PERSISTANTE POUR LES ASTRES,
AIDEE PAR LE " HASARD " OU DAME CHANCE
 Une passion bien en adéquation avec la vocation qui m'a accompagnée depuis mes quatorze ans
 
 
- 16 juillet 1975 - 15 février 1976 : « Astralement Vôtre » sur Antenne 2 en france : premier horoscope télévisé au monde. Cette émission quotidienne de 2 minutes avant le journal de vingt heures suscite une polémique disproportionnée et des attaques virulentes de la part des rationalistes aboutissant à sa suppression début 1976. On note même des questions écrites au Parlement! Un rare honneur pour une si modeste émission, qui montre bien combien l'astrologie dérange en notre société encore marquée par le rationalisme du XVIIème siècle.
 
- 1978-1979 : « Au bonheur des Astres » sur Antenne 2 : émission/jeu hebdomadaire: j'interprète le thème astral de personnalités (H. Bazin, J. d'Ormesson, S. Gainsbourg, Ph. Bouvard, M. Laforêt, M. Vlady, et bien d'autres...)
 
- 1979-1980 : « La Légende des Ciels »:
1979 - 1980 : émission hebdomadaire sur Antenne 2 réalisée par R. SANGLA. J'y explique le symbolisme des 12 signes solaires (caractère, santé, vocation, affinités avec les autres signes, les gens célèbres, etc...)
 
- 1980-83 : « Astro Show »
sur ARD (première chaîne allemande): émission bi-mensuelle en prime-time le samedi soir qui me rend célèbre en Allemagne du jour au lendemain.
 
 
VRP OU AMBASSADRICE DE L'ASTROLOGIE EN EUROPE
 
Conférences, congrès, émissions radio et télé en France, Allemagne, Suisse, Belgique, Autriche, Hollande,...
- Livres : plus de trente si l'on compte « Votre Horoscope » annuel ; traductions en une quinzaine de langues y compris le chinois.
- Rubriques dans divers pays
- Interviews pour la presse
- Ouverture d'un service Minitel personnalisé dès 1987, puis d'un service téléphonique, puis d'un site Internet en 2000
- Citations dans le " Guinness Book of Records " français et allemand entre 1989 et 1991 (60 millions de lecteurs en comptant, à côté des lecteurs de mes livres, ceux des rubriques astrologiques, ainsi que les consultants des multimédias). (photos des couvertures des Guinness)
- A la Une des magazines européens (Photos couverture Télé 7 Jours - Spiegel - Paris-Match, Schweizer Illustrierte/ L'Illustré Suisse)
- · Depuis 1976 j'utilise des ordinateurs pour mes calculs astronomico / astrologiques, ainsi que des programmes comme " AUREAS " (France) ou " ZODIAC " de A. van der Linden (Belgique).
 
UN REVE, UN COMBAT
- Redonner ses titres de noblesses à l'astrologie, remettre l'enseignement de l'Art royal des Astres à la Sorbonne (photo) et dans toutes les Universités de la planète, voilà pourquoi je lutte !
Cela, depuis que j'ai découvert à la fois ce que l'astrologie peut apporter comme réponses précises et précieuses à l'homme d'aujourd'hui, et aussi combien les charlatans opportunistes peuvent nuirent à l'image de la vraie astrologie.
Seul le retour de l'enseignement officiel pourra séparer le bon grain de l'ivraie.
- L'astrologie, en tant que système intéressant toute une famille de pensée, devrait en toute logique être démocratique et selon le cahier des charges, avoir sa place à la télévision. Et pas uniquement sous forme d'horoscopes ludiques et réducteurs.
- Un exemple à suivre : le KEPLER COLLEGE - SEATTLE - USA : une université qui depuis août 2000 décerne un BA et un MA (licence et maîtrise) en astrologie après 4 ans d'études.
Si vous êtes intéressés par ces cours, voici le site du Kepler College :
www.keplercollege.org/index.html
 
MES VIOLONS D'INGRES
- Promenades vivifiantes avec Gerhard et Ursus, mon cairn terrier (photo)
- Le yoga me destresse et la méditation me fait retrouver les vraies priorités
- J'adore lire (quand j'ai le temps !)
- La musique sous toutes ses formes, sans laquelle je ne peux vivre longtemps : musique de chambre, pop, reggae, musique religieuse ou opéra, là aussi, j'ai des goûts éclectiques, selon le caprice de mes humeurs.

 
AUTOPORTRAIT
– extrait de l'ouvrage intitulé "Etoiles et Molécules"
 
Quel référentiel prendre, me suis-je demandé, pour dire avec un maximum d'objectivité qui je suis, qui est E.T.? Voilà en vérité une tâche bien ardue que m'a donnée mon éditeur !... Une approche du style Confession, à la Musset ou à la Rousseau? je n'en ai pas (encore) les prétentions littéraires. Un C.V. sec et factuel, de ceux que l'on envoie à un directeur de banque ou aux P et T - le style télégraphique, en somme? Trop restrictif, puisque toute motivation psychologique en est par définition exclue. Or, ne sont-ce pas les ressorts de nos décisions qui, seuls, présentent un quelconque intérêt pour nos semblables?

Une analyse graphologique? Pourquoi pas? Alors, si l'on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, pourquoi ne pas me référer au langage astral? Goethe lui-même l'a fait en tête de Poésie et Vérité. Cette géniale Vierge me servira donc à la fois d'illustre précédent et d'aval. Lorsque je vins au monde, Mercure, Vénus et le Soleil se levaient à l'horizon dans le signe ambitieux du Capricorne, un trio planétaire prometteur d'épanouissement personnel, d'attrait pour la Beauté et de curiosité intellectuelle alliée au goût de la communication. Mes trois planètes en Poissons, signe mystique et oblatif, m'expliquèrent plus tard pourquoi, vers quinze ans, je me destinais à devenir une Mère Teresa avant la lettre, impatiente de me dévouer corps et âme aux côtés d'Albert Schweitzer. A l'époque, je vouais à ce Capricorne alsacien une profonde vénération - à la fois en vertu de son apostolat de médecin en Afrique et de sa passion pour la musique d'orgue de Bach. C'était le temps d'une adolescence passionnée au Maroc où mes parents avaient émigré; passionnée au sens étymologique, car c'!tait aussi une adolescence des plus tourmentées, où l'idée de suicide, uniquement fondée sur un mal-être métaphysique, m'effleura maintes fois. En fait, c'était l'œuvre de mon méchant Mercure en Capricorne, assez dissonant, qui me donnait des idées noires. Comme beaucoup de natifs de ce signe, je n'eus pas une enfance insouciante, mais pesante, voire sombre à l'occasion. Le refus de mon père à m'accepter et m'apprécier fut certainement pour beaucoup dans ma mélancolie, ma précoce maturité et ma tendance à l'introspection : je recherchais sourdement le pourquoi de ce manque d'amour. Je ne compris que bien plus tard... en montant son propre thème; il était lui-même esclave de son enfance! C'est ainsi que les générations se font souffrir en cascade.

Mon idéal féminin !tait Simone de Beauvoir - encore un Capricorne, est-ce un hasard? - dont Les Mandarins et Les Mémoires d'une jeune fille rangée étaient mes livres de chevet. A dix-sept ans, il m'était inconcevable de ne devenir « que» la bourgeoise mère de famille, sans autre but que de faire des enfants. Je sais aujourd'hui que réussir l'éducation de sa progéniture ne va pas de soi.

J'avais la certitude que j'avais à faire quelque chose sur cette terre, mais QUOI, that was the question.
Mercure signe la soif de savoir, mais aussi la dispersion, l'éclectisme. Un Milieu du Ciel en Balance n'est pas seulement le reflet d'une destinée préférentiellement artistique ou humanitaire (pacifiste), mais aussi d'une orientation douloureusement hésitante: d'où l'angoisse du choix que je vécus cruellement, surtout après mon année de Propédeutique Lettres à la Sorbonne et mes débuts à la Fac des Sciences où, mue par mes élans altruistes, j'avais soudain décidé de me lancer dans des études de médecine. Je commençai donc par le baba du P.C.B. (Physique, Chimie, Biologie) et une première année de médecine qui déçut mes espoirs idéalistes. Retour aux Lettres, à la philosophie, à la linguistique et aux cours brillants de Wagner - à la littérature comparée et au fulminant Etiemble qui vitupère un franglais envahissant.
A côté d'une bourse d'État - car mes parents ayant « tout perdu» au Maroc, je gagnais mon argent de poche en faisant des traductions de philosophie allemande, les pieds dans l'eau froide, la nuit, pour garder l'esprit éveillé. Un jour, prenant un café sur la place de la Sorbonne, un inconnu me propose de faire des photos; c'était un grand photographe de Elle, qui me choisit pour une couverture. Éblouie et scandalisée à la fois, je réalisai que je gagnais en une matinée l'équivalent d'un mois de transpiration (nocturne) de mes neurones!

J'étais désormais sur la pente savonneuse de la frivolité. Du moins en tant que voie parallèle, et combien excitante, par rapport au temple du savoir qu'était la Sorbonne.

Cela dit, je décidai, en Capricorne réaliste, de tirer parti de cet état de fait; les photos de mode permirent au jeune couple d' étudiants que nous étions, déjà parents d'un petit Poissons, d'ajouter du beurre à nos épinards. En même temps, après ma Licence de Lettres, je terminais ma thèse de Diplôme d'Études Supérieures sur le thème suivant: « L'idée de Bonheur chez les moralistes français du début du XVII! siècle» et me proposais de passer l'agrégation de grammaire. Toutefois, la perspective de donner dix ans de ma vie à l'État, alors que j'étais si indécise de mon avenir, m'apparaissait comme une limitation inacceptable et, férue de contrastes, après un passage éclair dans un lycée de Lyon comme prof de Français de 5e, j'échouais quelques mois plus tard ... dans les salons de la rue Cambon, chez la fascinante et redoutable Lionne Coco Chanel à Paris!

Après une année mémorable et des plus édifiantes en ce qui concerne l'esprit de compétition et la dominance, si chères à Henri Laborit, je repris les photos de mode: je volais d'un studio de Düsseldorf à un autre studio à Zurich, et de là à Londres, goûtant secrètement cette nouvelle activité ... comme j'allais goûter, au début du moins, la découverte du cinéma qui, via l'agence de mannequins Catherine Harle, faisait soudain appel à moi. Une vingtaine de rôles suivirent, où j'entendis trop souvent, par Vadim, Louis Malle ou Fellini, que j'étais née avec une génération de retard, que l'époque des Cid Charisse et des Ava Gardner était révolue. Bien sûr, je prenais cela la plupart du temps pour un prétexte flatteur à un refus de m'engager. Il faut dire aussi que je n'étais ni des plus dociles, ni des plus patientes, deux vertus indispensables à l'actrice, condamnée à attendre passivement près de son téléphone. Mon ascendant Sagittaire, farouchement indépendant, ne me facilitait guère les choses. Pourtant, je garde de cet îlot de ma vie quelques souvenirs émus ou amusés, de tournages avec Burt Lancaster, J.-P. Belmondo, V. de Sica ou Vittorio Gassmann, de mes aventures orageuses avec Shirley Mac Laine ou Marcel Carné.

Le destin prit le chemin des écoliers puisqu'il fit ce détour par le cinéma - en la personne de Federico Fellini - pour montrer le bout de son nez. Mais les voies des étoiles sont (presque) impénétrables, comme j'allais l'apprendre bientôt. En effet, sur le chemin de la Yougoslavie, où je partais pour un tournage de cinq mois, je m'arrêtai à Rome où j'eus le bonheur de rencontrer ce génial Capricorne - décidément !... Il venait de finir les Histoires extraordinaires avec Terence Stamp et regrettait que j'arrive si tard. Il me conseilla d'emporter des livres d'astrologie et d'apprendre cette science des astres, la plus fabuleuse qui soit, selon lui. Comme cela allait dans le sens d'une curiosité aiguë de mon adolescence, occultée et refoulée depuis - establishment culturel oblige ! Si elle n'était pas enseignée, me disais-je, cela ne pouvait être bien sérieux, n'est-ce pas? - je partis avec une cargaison de bouquins. J'eus droit à mon « illumination» pascalienne et revins fascinée, grisée mentalement et spirituellement par la découverte que, depuis mon premier cri, mes problèmes avec mon père, ma mélancolie naturelle, tout mon caractère étaient là, tracés à jamais par une simple mathématique céleste, lisible, décryptable dans des distances planétaires ! C'était vertigineux. Presque aussi ahurissante était l'occultation de ce paramètre philosophique dans notre culture occidentale, le fait qu'à travers toutes mes études - jusqu'à vingt-quatre ans ! - jamais je n'avais entendu parler d'astrologie. Mieux: on m'avait soigneusement caché - comme on continue de le faire - que les plus grands esprits - l'empereur Roger Bacon, Saint Thomas d'Aquin, Newton, Kepler, Balzac, Goethe, Einstein, Jung, et j'en passe, avaient soit pratiqué soit vénéré cet « art royal des astres ». Pourquoi ce double langage, ce parti pris, cette mise au ban de la plus noble et ambitieuse science qui soit? L'argument d'autorité était la seule explication, mais peu satisfaisante: le pourquoi subsistait et je n'y trouvais pas de réponse. Pas encore. En attendant, je pris conscience de la relativité du consensus intellectuel d'une époque, vouée aux modes, muselée par ses courants de pensée; le colosse de l'Enseignement officiel avait les pieds d'argile et la grande dame de la Sorbonne hurlait avec les loups.

Après une telle révélation, il n'y avait plus une minute à perdre. Le cinéma passait nettement au second plan; finis mes états d'âme, mes perplexités et déprimes épisodiques quant à savoir si vraiment j'étais faite pour le cinéma - et vice versa. Je savais soudain avec certitude que l'astrologie était ma voie, car elle était déjà ma passion. Une passion dont je savais qu'elle ne s'éteindrait jamais, car je devinais le caractère asymptotique, insondable de cette connaissance. Je courus chez l'un des deux plus grands astrologues (selon moi) alors vivants, H.-J. Gouchon - l'autre étant A. Barhault - et le priai de me donner des leçons. Après avoir refusé sous prétexte qu'il n'en avait jamais donné, que cela ne l'intéressait pas, qu'il était trop vieux, etc., sur mon insistance il calcula mon thème: « Vous avez de quoi devenir une grande astrologue », et il ajoutait à ma grande surprise: « Vous avez déjà appris beaucoup avant de naître, une sorte d'initiation ... » Après que Antenne 2, en la personne de l'inventif Verseau M. Jullian, m'eut confié le premier horoscope télévisé d'Europe, il était tellement impressionné - moi aussi! - qu'il tenait à venir m'assister quasiment en permanence. J'en étais tout attendrie. Il me fut d'un grand secours moral lorsque, dès septembre 1975, ce modeste programme de pronostics quotidiens, qualifié par Le Monde d’« Horoscope provocateur d'A 2 » fut attaqué, traîné dans la boue, villipendé avec hargne et acharnement. L'Argus de la Presse m'inondait de parutions - j'avais droit à plusieurs dizaines d'articles par jour! Quelle ne fut ma surprise lorsque je réalisai que les mêmes textes paraissaient à la fois sous l'égide de l'Humanité et du Bulletin de l'Union Rationaliste! Ce n'est que lorsque je sus qu'un député marxiste avait déposé une question écrite au Parlement contre cette petite émission d'une minute et demie, que je me rendis compte du fanatisme et du « syndrome d'allergie aux planètes» que cette initiative trahissait. Mais n'est-ce pas M. Yourcenar qui a écrit: « Toute vérité apporte le scandale? » En tout cas, je remercie du fond du cœur tous ces adversaires de l'astrologie qui m'ont permis, par la suite, d'écrire mon premier livre sous la forme d'une défense ardente de l'astrologie intitulée Ne brûlez pas la sorcière! paru chez J.-J. Pauvert en 1976 (avec Préface de Raymond Abellio) et, par ce biais, d'entrer sur le sentier rocailleux mais enrichissant de mon témoignage en faveur de la vérité de la science des astres.

Lorsque j'évoque le titre choisi devant mon maître Gouchon, celui-ci commente avec sa placidité habituelle: « Pas étonnant, puisque vous êtes née le 6 janvier, le même jour que Jeanne d'Arc. D'ailleurs, attendez-vous à être brûlée plus d'une fois! »

L'avenir allait lui donner raison. Car s'il ne m'a pas été donné de bouter les Anglais hors de France, combien de fois n'a-t-on pas tenté de me sacrifier sur l'autel du sacro-saint conformisme intellectuel ! Un seul exemple, mais parlant: après avoir été probablement la seule discipline à avoir prévu la crise (pour les alentours du 6 août 1990 ; Saddam Hussein envahit le Koweit le 2) et la guerre du Golfe (pour le créneau entre le 15 et le 18 janvier 1991 ; elle éclata le 16), l'astrologie était jugée « trop peu sérieuse» pour les médias, qui préféraient inviter divers experts militaires ou commentateurs politiques qui n'avaient pour paramètres de référence que le présent et le passé (leur expérience), alors que l'astrologie disposait d'un paramètre jouant sur des probabilités accrues sur l'avenir. Je trépignais d'impatience dans mon fauteuil, lorsque par exemple, j'entendis, le 17 au matin, les appréciations optimistes. Je savais que dès le lendemain, la conjonction Soleil-Saturne nous réservait un réveil plus réaliste- ce que j’avais annoncé à la télévision (sur « La Cinq » entre autres) et dans la presse (« L’Illustré » Suisse, par ex.), mais aussi au Président François Mitterrand (voir mon livre, publié en 1997, "Sous le signe de Mitterand, sept ans d'entretiens"), ainsi qu’à l’Amiral Lanxade, le chef d’Etat Major français. Bref, combien de fois ai-je souffert de ce que mon cher ami Raymond Abellio nommait un « discours rentré»! On retrouve là la « croyance clignotante» dont parle Edgar Morin - un coup j'y crois, un coup je n'y crois pas, selon ce qui m'arrange et selon mon humeur.

Depuis Astralement vôtre, l'eau a coulé sous les ponts des médias de télévision - depuis Au Bonheur des Astres et La Légende des Ciels, à la fin des années 70, jusqu'à l'Astro-Show mensuelle du samedi soir en prime time, en RFA, qui du jour au lendemain, me rendit célèbre outre-Rhin (1981-1983). Depuis j'ai participé, ici et là, à des centaines d'émissions télévisées, de face-à-face et tables rondes de tous bords, à croire, me suis-je dit souvent, que je suis masochiste (ce sont mes planètes en Poissons) car bien souvent qu'en ai-je récolté, sinon du stress et de la frustration? Il faut vraiment avoir le feu sacré et parfois la vestale que je suis qui tente de ranimer les flammes toujours vivantes d'un savoir aussi riche que lointain et mystérieux, l'Athéna casquée qui se niche dans ma note marsienne et qui me fait monter aux barricades comme en 1968 (j’ai une conjonction Lune-Mars) préférerait de beaucoup enterrer la hache de guerre et dire « pouce ». Car est-ce vraiment gratifiant, pour employer la terminologie laboritienne, lorsqu'on a une tête bien faite, de découvrir dans un hebdomadaire à grand tirage qui vient d'interviewer quelques « intellos » et votre servante le titre: « Trois cerveaux et une astrologue s'expriment ... » Il est vrai que l'astrologue, pis qu'un martien, est un animal des plus atypiques, à peine humain! ... Pourtant, c'est Albert Einstein soi-même qui dit: « L'astrologie est une science en soi, illuminatrice. J'ai beaucoup appris grâce à elle et je lui dois beau-coup. Les connaissances géophysiques mettent en relief le pouvoir des étoiles sur le destin terrestre. A son tour, l'astrologie, en un certain sens le renforce. C'est pourquoi c'est une espèce d'élixir de vie pour l'humanité. » Qui mettra en doute le Q.I. du génial inventeur de E = MC2? Ou celui du non moins génial polytechnicien philosophe Raymond Abellio qui a dit: « L'astrologie est à la fois un art, une science et une sagesse ? .. » Après tout, les bases qui sous-tendent cette science sont totalement mathématiques puisque astronomiques: ne prend-on pas les données des observatoires - j'utilise moi-même, sur mon ordinateur, celles de la N.A.S.A. - pour ériger un ciel natal? L'unique élément de base pour l'interprétation se compose du jour, de l'heure exacte et du lieu (latitude et longitude géographiques) de naissance; un langage, un code astral établi au cours des millénaires passés par cette connaissance empirique permet ensuite d'interpréter les configurations célestes de ce moment privilégié et d'en déduire les effets ici-bas sur le caractère et la destinée du sujet. Mais indépendamment de l'individu, les planètes en mouvement perpétuel se placent chaque jour dans des positions précises, plus ou moins harmoniques, plus ou moins dissonantes: c'est l'astrologie mondiale, qui scande le devenir collectif.

On voit que tout cela a fort peu à voir avec une quelconque mancie, avec une divination ex nihilo, avec le monde de la voyance, même si l'importance du symbole fait appel à l'intuition du praticien.

On me demande souvent pourquoi je ne suis pas revenue à la télévision avec une émission régulière, que ce soit en France ou en Allemagne. A cela deux raisons: aurais-je eu le temps d'écrire les dix-huit ouvrages que j'ai déjà concoctés depuis 1976, si j'avais eu à subir le stress de l'urgence quotidienne?

Et puis, on me propose trop souvent de refaire ce que j'ai déjà fait, et cela ne m'amuse pas ... car le temps nous est compté.

Mais comme tout se tient et que tant qu'on ne respectera pas l'astrologie, elle sera taillable et corvéable à merci, enfermée dans son ghetto culturel, il s'agit de toute urgence de la réhabiliter, de crier haut et fort qu'elle a droit au titre de science humaine à part entière, une discipline digne d'être réintégrée à la Sorbonne et ailleurs, comme au temps de sa splendeur passée. N'est-elle pas l'ultime «' niveau d'organisation» dans notre monde sub-lunaire? On le voit, je reviens à Henri Laborit. C'est seulement, me dis-je un jour, en confrontant l'astrologie à la Science avec un grand S que l'on pourrait éventuellement trancher ce nœud gordien de l'isolement. Et parmi les grands scientifiques vivants, Henri Laborit me paraissait le meilleur choix en vertu de son esprit ouvert, de ses préoccupations hors-biologie, de son inter-disciplinarité personnellement réalisée puisqu'il se trouve être à la fois médecin, chirurgien, biologiste, chercheur, écrivain et philosophe (et peut-être oublié-je quelques-unes de ses spécialités ?). Mais surtout je souhaitais un interlocuteur sceptique, néophyte dans mon art, voire « anti-astro», afin d'éviter les discours lénifiants et unilatéraux ; même si c'eût été plus confortable et reposant d'avoir en face de moi un scientifique déjà initié à l'art royal des astres - comme il y en a de plus en plus. C'est donc lui que je sollicitai un beau jour de novembre (j'avais choisi un jour faste d'après mon thème ... et le sien !, pour mettre toutes les chances de mon côté !).

 
Henri Laborit & Elizabeth Teissier
Bien sûr, je n'eus pas toujours la partie facile: ce double Scorpion, en digne représentant de son signe, a un esprit de contradiction et un goût de la provocation des plus développés ! Toujours critique, toujours sceptique et bien souvent ironique, n'est-il pas parvenu à occulter totalement l'avertissement d'un risque d'accident
que je lui fis lors de notre entretien du 18 mars, jour de Pleine Lune?

Lorsqu'il fera une chute, quelques jours plus tard, lors d'une conférence à Nice, il me reprochera de n'avoir rien vu dans son thème! Heureusement, les cassettes enregistrées font foi ... Bref, on ne pourra en tout cas pas me reprocher d'avoir écarté les arguments de l'avocat du diable: le Scorpion est avant tout celui qui dit « non! ». De ce fait, ses rares concessions n'en prennent que davantage de valeur.

« Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ». Cet adage de Pascal n'est pas valable seulement sur le plan géographique, mais sur le plan spatio-temporel. Les vérités de demain ne seront pas forcément celles d'aujourd'hui ... mais rejoindront peut-être celles d'hier? Espérons que ce dialogue à bâtons rompus entre deux approches différentes mais complémentaires de l'homme et de son devenir, approches qui ont délimité leurs territoires respectifs tout en cherchant des voies communes, contribuera à éclairer peu ou prou la lanterne des mutants que nous sommes, à l'aube de ce troisième millénaire. Car après avoir relativisé nos connaissances partielles et partiales, nous devons viser à les intégrer dans un savoir sans frontières, un savoir intemporel et universel. Or qu'y a-t-il de plus universel que le référentiel planétaire? Ce que nous avons de commun, nous tous qui sommes frères en notre mère la Terre, ce sont avant tout les étoiles et les planètes, ces lointains et tout-puissants leviers de nos états d'âme qui ont pour relais nos molécules ».

  En avril 2001, désirant comprendre et expliquer à mes contemporains le paradoxe fascination/rejet qui entoure l’Art royal des Astres, je soutiens une thèse de doctorat en sociologie à la Sorbonne sur le thème suivant : « Situation épistémologique de l’Astrologie à travers l’ambivalence fascination-rejet dans les sociétés postmodernes ». Au nez et à la barbe de mes détracteurs fort actifs au demeurant, j’obtiens la mention « très honorable » (la meilleure) d’un jury prestigieux, présidé par Serge Moscovici. Cela, suite aux divers rapports de thèse des jurés, dont celui, très élogieux, du pape de la sociologie, Gilbert Durand. Ce dernier, hélas empêché, pour raisons de santé, de siéger à la soutenance, évoquera dans son rapport « l’appareil scientifique impressionnant » qui sous-tend ma thèse. En novembre 2001 paraît chez Plon le texte intégral de ladite thèse, sous le titre « L’Homme d’aujourd’hui et les Astres, Fascination-Rejet » (lire la 4è de couverture de l’ouvrage sous l’onglet « Dernières publications », ainsi que la 4è de couverture de la thèse elle-même sous l’onglet « A propos de ma thèse »).

Depuis lors, je me partage entre mes diverses rubriques astrologiques (TV MAG en France, LE SOIR en Belgique, L’ILLUSTRE et la SCHWEIZER ILLUSTRIERTE en Suisse ou DIE GANZE WOCHE en Autriche). Mais aussi entre mes recherches et réflexions sur l’état préoccupant de nos sociétés aujourd’hui, surtout en relation avec la crise majeure des années 2011 – 2012 – 2013 – 2014 à venir, en résonance avec des cycles planétaires exceptionnels. Par ailleurs, je cherche à développer et à donner une forme concrète à LEG (www.lesenfantsdegaia.org), un projet ambitieux lancé en décembre 2008 et pour lequel j’aurais besoin de l’aide de toutes les bonnes volontés. Car le but ultime –et chimérique ?- de LEG est la constitution d’un Conseil Planétaire des Sages. Au regard de toutes les dérives du monde actuel et du malaise général qui est le nôtre, une autorité morale et planétaire au niveau de toutes les activités humaines apparaît comme le seul remède, la seule solution.